Succession
5 bonnes raisons d'anticiper sa succession en 2026
Une succession préparée coûte moins cher, se règle plus vite et déchire moins de familles.
Maître Hélène Hudelot · Mis à jour le
Donner et partager en un seul acte, figer la valeur des lots et éviter de rouvrir les comptes au moment de la succession.
La donation-partage permet à un parent de donner et de répartir, dans un même acte notarié, tout ou partie de ses biens entre ses enfants (ou, avec leur accord, entre ses petits-enfants). Son intérêt principal est la stabilité : sauf convention contraire, les biens sont évalués au jour de la donation-partage, et non au jour du décès, pour calculer la réserve et la part de chacun, à condition que tous les enfants aient reçu un lot et l'aient expressément accepté et qu'aucune réserve d'usufruit ne porte sur une somme d'argent (article 1078 du Code civil).
Une donation simple, au contraire, est en principe rapportable à la succession pour la valeur du bien au jour du partage successoral (articles 843 et 860 du Code civil) : si le bien a pris de la valeur entre-temps, l'équilibre entre les enfants est à refaire.
Exemple : deux enfants. En 2026, l'aîné reçoit un appartement de 200 000 € et le cadet une somme de 200 000 €. Au décès du parent, vingt ans plus tard, l'appartement vaut 350 000 €.
| Donations simples | Donation-partage (conditions de l'article 1078 remplies) | |
|---|---|---|
| Valeur retenue pour l'appartement | 350 000 € (valeur au jour du partage successoral) | 200 000 € (valeur au jour de l'acte) |
| Conséquence | L'aîné est réputé avoir reçu davantage : le partage de la succession doit rétablir l'égalité | Les deux lots restent égaux : rien à recalculer entre les enfants |
La donation-partage n'est pas toujours la bonne réponse : pour aider un seul enfant ponctuellement, une donation simple peut suffire. Le choix dépend du nombre d'enfants, des biens concernés et de l'objectif recherché.
Chacun peut signer à distance au moyen d'une procuration. La donation-partage ne peut porter que sur des biens que le donateur possède déjà (article 1076 du Code civil).
Le délai dépend surtout du temps nécessaire pour réunir les évaluations et les pièces, et pour que la famille se mette d'accord sur les lots.
Les enfants restent protégés par la réserve héréditaire (article 913 du Code civil). Les biens reçus dans une donation-partage s'imputent sur la part de réserve de chaque enfant, sauf s'ils ont été donnés expressément hors part (article 1077).
Au décès du donateur, un enfant qui n'a pas participé à la donation-partage, ou qui a reçu un lot inférieur à sa réserve, peut agir en réduction s'il n'existe pas assez d'autres biens pour le remplir de ses droits (article 1077-1). Cette action ne peut être engagée qu'après le décès du donateur (ou du survivant des deux époux s'ils ont donné ensemble) et se prescrit par cinq ans (article 1077-2).
Les donations reçues auparavant par un enfant peuvent être incorporées à la donation-partage pour former tout ou partie de son lot (articles 1078-1 et 1078-2 du Code civil). Elles sont alors évaluées à la même date que les biens nouvellement donnés : c'est souvent le moyen de rééquilibrer une aide ancienne.
Sur le plan fiscal, cette incorporation n'est pas soumise aux droits de donation (article 776 A du CGI), mais elle a un coût propre, à chiffrer au cas par cas.
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Chaque enfant qui reçoit un lot doit accepter l'acte. La donation-partage peut être faite sans l'un des enfants, mais la valeur des lots ne sera alors pas figée au jour de l'acte et l'enfant écarté pourra, au décès, faire valoir sa réserve.
Pas au profit d'un enfant seul, puisqu'il s'agit de partager. En revanche, une donation-partage transgénérationnelle est possible entre un enfant unique et ses propres enfants (article 1078-5 du Code civil).
Non, mais chaque enfant doit être rempli de sa réserve héréditaire. Un lot plus important peut être attribué dans la limite de la quotité disponible, ou compensé par une soulte.
En principe non : comme toute donation, elle est irrévocable, sauf cas prévus par la loi ou clauses stipulées dans l'acte (clause de retour, charges).