Famille
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Maître Pierre Roset · Mis à jour le
Maison, prêt, soulte, récompenses : comment le notaire partage les biens des époux lors d'un divorce, et ce que cela coûte.
Lors d'un divorce, le notaire établit l'état liquidatif du régime matrimonial : il fait le compte de ce qui appartient à chacun, de ce que les époux se doivent entre eux, et répartit les biens communs ou indivis. Son intervention est obligatoire dès que le partage porte sur un bien immobilier (articles 229-3 et 265-2 du Code civil).
Le partage entre époux qui divorcent supporte un droit de partage de 1,10 % de l'actif net partagé (article 746 du CGI). La soulte versée par celui qui garde un bien n'est pas taxée comme une vente (article 748 du CGI).
Le notaire n'est pas l'avocat de l'un des époux : il établit un partage équilibré et vérifie que chacun en comprend les conséquences.
D'où l'importance de retrouver le contrat de mariage éventuel et les actes d'achat.
Ce sont les comptes entre la communauté et chaque époux. Exemple : un époux a reçu 40 000 € de ses parents et les a utilisés pour rembourser le prêt de la maison commune. La communauté lui doit une récompense (article 1433). À l'inverse, si de l'argent commun a servi à financer les travaux d'une maison propre à un époux, celui-ci doit récompense à la communauté (article 1437).
La récompense est en principe égale à la plus faible des deux sommes entre la dépense faite et le profit subsistant ; lorsque la somme a servi à acquérir ou améliorer un bien, elle ne peut être inférieure au profit subsistant (article 1469). Il faut donc pouvoir prouver l'origine des fonds : relevés, actes de donation, déclarations de succession.
Exemple (mariés sans contrat, sans récompense) : la maison commune vaut 300 000 €, il reste 100 000 € de prêt à rembourser.
| Montant | |
|---|---|
| Valeur de la maison | 300 000 € |
| Prêt restant dû | − 100 000 € |
| Actif net à partager | 200 000 € |
| Droits de chaque époux | 100 000 € |
| Soulte due par l'époux qui garde la maison (s'il reprend seul le prêt) | 100 000 € |
| Droit de partage (1,10 % de 200 000 €) | 2 200 € |
S'il y a des récompenses, elles se règlent dans ce même calcul. La valeur retenue est celle du bien au jour du partage : une estimation sérieuse évite une contestation ultérieure.
Le partage règle les rapports entre époux, pas avec la banque. Si les deux époux ont emprunté ensemble, ils restent tenus envers elle tant qu'elle n'a pas accepté de libérer celui qui quitte le bien. Cette désolidarisation suppose l'accord de la banque : il faut la demander avant la signature, souvent en même temps que le financement de la soulte. À défaut, l'époux qui part reste exposé si l'autre cesse de payer.
Il n'existe aucun droit automatique pour l'un ou l'autre : après un divorce, l'attribution préférentielle n'est jamais de droit (article 1476 du Code civil). Les époux peuvent convenir que l'un garde le bien contre une soulte, le vendre et partager le prix, ou rester un temps en indivision.
L'époux qui occupe seul un bien indivis peut devoir une indemnité d'occupation à l'autre, sauf convention contraire (article 815-9), selon ce qui a été décidé pendant la procédure.
Les deux se négocient souvent ensemble, mais se calculent séparément.
Le coût comprend le droit de partage de 1,10 % de l'actif net partagé, les émoluments du notaire fixés par le tarif réglementé (voir nos tarifs, ligne « Partage ») et, s'il y a un bien immobilier, des frais de publicité foncière. Une estimation est remise dès que les valeurs sont connues.
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Maître Pierre Roset · Mis à jour le
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Lorsque les époux sont d'accord et que les pièces sont réunies, l'état liquidatif se prépare en quelques semaines. Les délais s'allongent surtout pour obtenir l'accord de la banque sur le prêt et le financement de la soulte.
Nul n'est tenu de rester en indivision : à défaut d'accord, le partage peut être demandé au juge, qui peut ordonner la vente. Le notaire cherche d'abord une solution amiable, souvent plus rapide et moins coûteuse.
Non : il n'y a pas de régime matrimonial à liquider, mais un bien indivis à partager. Le droit de partage de 1,10 % s'applique aussi en cas de rupture d'un PACS (article 746 du CGI). Voir notre article sur l'achat en couple sans être marié.